lundi 31 janvier 2011

Immeuble classique à Mirecourt (Vosges)







Mirecourt, comme beaucoup de petites villes de Lorraine et de France qui ont eu un passé prestigieux mais qui sont sacrifiées sur l'autel d'une mondialisation versus ultra-libéralisme, subit plus que d'autres des difficultés économiques difficiles à surmonter dans l'état actuel des choses. Les conséquences sont terribles dans cette ville au patrimoine prestigieux qui, s'il était valorisé, en ferait une véritable petite cité de caractère à l'attrait touristiques certain (en plus de la lutherie, de la broderie ou de la musique mécanique). Mais la situation est telle que le patrimoine se dégrade dans une certaine indifférence et les difficultés économiques n'expliquent pas tout. Un certain mépris pour le centre historique et une ignorance relative à l'esthétique architecturale sont aussi une source supplémentaire de délaissement regrettable du patrimoine (même s'il faut noter que la municipalité a mis en place une ZPPAUP notamment).

Arrêtons ici le constat pour mieux admirer cet immeuble qui, bien qu'abimer, montre les richesses cachées qu'on n'osent regarder et pourtant!

Ainsi, au 25 rue Chanzy à Mirecourt, se trouve ce bel immeuble de style classique du moins en ce qui concerne la façade. En effet ce sont souvent des immeubles plus anciens qui ont été remaniés au XVIIIème siècle.
Mascarons ornent fenêtres et porte d'entrée, elle même possédant encore la porte en bois qu'il faut sauver car d'époque XVIIIème également.
Cet immeuble, comme d'autres, mériterait une attention particulière pour retrouver tout son lustre car bien que triste, il offre une beauté souriante alors imaginons le restauré!

Déambuler dans Mirecourt offre d'autres visions de ce type mais l'ensemble mérite la reconnaissance et l'intérêt.

Plus de renseignements :
http://www.ville-mirecourt.fr/francais/tourisme/index.htm

dimanche 30 janvier 2011

Eglise médiévale Notre-Dame à Champ-le-Duc (Vosges)







Eglise majeure de la vallée de la Vologne, Notre-Dame de Champ-le-Duc domine le paysage de loin de sa silhouette élégante et perfectionnée au cours des siècles.

Construite au XIIème siècle sur un lieu qui aurait abritait une villa voulue par Charlemagne lorsqu'il venait chasser, Notre-Dame arbore un style roman élaboré malgré des modifications survenues au cours des siècles. A l'intérieur le mobilier est caractéristique du XVIIIème siècle tout comme l'orgue (construit en 1781), classé Monument historique au même titre que l'église. On notera également la présence de fonts baptismaux datant du XVIème siècle.

Revue et corrigée au XVIIIème siècle, l'église a fait l'objet de grandes restaurations après la seconde guerre mondiale. Depuis elle est régulièrement entretenue pour offrir son plus beau visage aux croyants comme aux curieux qui désirent la visiter.

Un trésor dé 8 siècles qui nous contemple.

Plus de renseignements :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame_de_Champ-le-Duc
http://www.art-roman.net/champleduc/champleduc.htm

samedi 29 janvier 2011

Eglise classique Saint-Léger et Sainte-Gébertrude à Jussarupt (Vosges)







Peu connue pour son patrimoine, la vallée de la Vologne ne manque pourtant pas de lieux qui méritent le détour.

C'est le cas, par exemple, de cette église dite de Saint-Léger et Sainte-Gébertrude à Jussarupt dont les montagnes rondes dessinent le décor de fond.
Peu de précisions sur cette église. On peut en déduire que le lieu doit exister depuis le Moyen-Age mais que l'édifice actuel a été fortement transformé aux XVIIème et XVIIIème siècles. De style classique et tout en grès rose des Vosges, l'église comporte deux portes remarquables. Une typique du XVIIIème siècle et une autre, sur le clocher, devant dater du début du XVIIème siècle, en tout cas annonçant la fin de la Renaissance pour le début du classicisme.

Un beau petit trésor d'architecture qui n'est malheureusement pas ouvert... mais qui mérite un petit détour au moins pour l'extérieur!

Plus de renseignements :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jussarupt

mardi 25 janvier 2011

Ancien hôtel abbatial Saint-Rémy à Lunéville (Meurthe-et-Moselle)







Célèbre pour son château, sa broderie ou sa faïence, Lunéville concentre un patrimoine civil et religieux qui ne peut être négligé.

L'émerveillement se fait au fil des rues comme à coté de l'église Saint-Jacques, en plein coeur de ville. Ici on jouxte l'église mais qui est fait l'ancienne abbatiale de la puissante abbaye Saint-Rémy (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_Saint-R%C3%A9my_de_Lun%C3%A9ville). Cela explique qu'à côté se trouve encore des immeubles de grande qualité comme cet ancien hôtel abbatial au numéro 1 de la place Saint-Rémy.

Construit en 1728 sur demande de l'abbé de Saint-Rémy, cet hôtel abbatial témoigne du nouvel essor de l'abbaye au XVIIIème siècle. D'un style classique sobre mais raffiné, l'ensemble utilise le grès local à l'aspect rosé. L'hôtel sera complété par deux rajouts latéraux en 1748 mais aux raccords maladroits. Cependant l'ensemble reste de grande qualité avec son escalier extérieur à double révolution en façade avant mais aussi son beau jardin arrière, ouvert au public. A l'intérieur il y a encore boiseries, cheminées, stucs... Un petit trésor du siècle des Lumières!

L'ensemble (hôtel et jardin) est inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.
Appartenant à la ville de Lunéville, cet immeuble attend patiemment un nouveau destin qui tarde à se faire connaître. Au moins il est préservé et entretenu même si on aimerait le voir complément revivre et restauré.

Plus de renseignements :
http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_1=INSEE&VALUE_1=54329&NUMBER=23&GRP=1&REQ=%28%2854329%29%20%3aINSEE%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=100&MAX3=100&DOM=Tous

dimanche 23 janvier 2011

Ferme renaissance à Serécourt (Vosges)







Petit village du sud des Vosges, Serécourt ne fait pas exception à ce secteur proche de la Saône Vosgienne et affiche un patrimoine intéressant.

Outre l'église ou un petit château, c'est le patrimoine rural du village qui est remarquable en alignant de nombreuses fermes de grande qualité qui sont relativement bien conservées, peu dénaturées et dans un environnement naturel préservé.

Au numéro 47 de la Grand Rue une ferme se dégage des autres par sa taille et sa qualité. Construite au XVIème siècle, cette demeure agricole est un beau témoignage de la richesse des terres à la Renaissance.
Grand corps de ferme alliant habitation et granges comme traditionnellement pour la fermes lorraine, la prestance de l'ensemble est appuyé par une tour d'escalier hors d'oeuvre à gauche du corps de bâtiment ou encore par cette belle niche avec une vierge à l'enfant. Le corps de ferme traditionnel est également flanqué par un corps de bâtiment plus imposant à droite, plaçant ce bâti agricole dans une perspective plus aisée.

Un édifice qui ne laisse pas indifférent, qui a été restauré et qui constitue une des richesses de ce beau village de Serécourt à (re)découvrir.

Plus de renseignements :
http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_1=INSEE&VALUE_1=88455&NUMBER=4&GRP=0&REQ=%28%2888455%29%20%3aINSEE%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=100&MAX3=100&DOM=Tous

mardi 18 janvier 2011

Maison dite des Arcades d'Hattonchâtel à Vigneulles-lès-Hattonchâtel (Meuse)







La commune de Vigneulles-lès-Hattonchâtel, près du lac de Madine, est composée de plusieurs villages. Le plus célèbre et sans doute Hâttonchâtel, célèbre cité des évêques de Verdun accrochée sur sa colline qui domine de loin le paysage de sa belle silhouette.

Outre le château ou le cloître on trouve d'autres témoignages de ce qui fut jadis une petite cité fortifiée.
C'est le cas de la maison dite aux arcades qui se situe au coeur du village, sur la place du Grand-puits.
Construite au Moyen-Âge, probablement au XIIIème ou XIVème siècle, cette maison présente encore deux arcades ogivales qui témoignent des anciennes activités commerciales qui devaient être alors plus importantes. Si la baie de l'étage a été modifiée au XVIIIème siècle et si le bâtiment a connu quelques évolutions, il reste un témoignage médiéval précieux qui ajoute beaucoup de charme à Hattonchâtel.

Une invitation de plus pour découvrir un point de vue exceptionnel sur la plaine de la Woevre et le lac de la Madine, le tout dans un écrin patrimonial lui même entouré de mirabelliers...

Plus de renseignements :
http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_1=INSEE&VALUE_1=55551&NUMBER=1&GRP=0&REQ=%28%2855551%29%20%3aINSEE%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=100&MAX3=100&DOM=Tous

dimanche 9 janvier 2011

Abbaye prémontrée Notre-Dame de l'Etanche à Lamorville (Meuse)







Non loin du lac de Madine ou du village perché d’Hattonchâtel, la commune de Lamorville accueille à proximité d’un de ses écarts (Deuxnouds-aux-Bois), une abbaye de prémontrés oubliée de l’histoire comme des touristes et pour cause : elle est en train de disparaître.

Nichée dans un vallon caché des grands axes, il faut se rendre jusqu’à Deuxnouds-aux-Bois et emprunter la rue de l’Etanche pour s’y rendre. Il faut d’abord faire environ deux kilomètres en montant une faible côte puis en descendant au cœur du vallon en traversant un morceau de forêt. Là, après quelques légers lacets, l’abbaye de l’Etanche apparaît au milieu des vertes prairies comme une vision romantique sortie d’un rêve.
Mais lorsque l’on s’approche de l’édifice le rêve vire au cauchemar tant l’état de délabrement de l’ensemble des bâtiments fait peine à voir.

Fondée il y a bientôt 900 ans cette abbaye de l'ordre des Prémontrés, bien que de taille modeste a connu à certaines périodes un relatif développement. Ainsi les bâtiments d’origine ont été remplacés au 18ème siècle par une église et un grand corps de bâtiment de style classique sobre et élégant en pierres de taille qui sont encore visibles aujourd’hui. La Révolution française va mettre fin à la vie monacale et peu à peu l’abbaye de l’Etanche va devenir une ferme. Des bâtiments viendront ainsi s’ajouter au 19ème siècle à l’arrière de l’abbaye. S’ils n’ont pas la rigueur élégante du bâti classique ils apportent un charme indéniable à l’ensemble immobilier.

L’abbaye a été incendié en 1914 et les intérieurs présentent relativement peu d’intérêt au regard de la délicatesse des extérieurs où certaines ferronneries du 18ème siècle agrémentent encore quelques escaliers. Cela dit la charpente semble dater également du 18ème siècle.

Jusque dans les années 1980, l’ensemble était entretenu. Certes il n’y avait pas de mise en valeur et l’utilisation de l’église en hangar agricole a été dommageable mais les bâtiments ont pu être globalement préservés. Propriété privée appartenant à des propriétaires résidants en Belgique, l’abbaye était alors louée à un agriculteur.

Mais depuis les choses se sont dégradées. Les propriétaires ne s’entendant plus, le contrat de location à l’agriculteur n’a plus était reconduit si bien que l’abbaye est devenue une indivision abandonnée. La particularité étant que l’Etanche est isolée et comprend environ 100 hectares de terres autour d’elle et quelques dizaines d’hectares morcelés plus au sud. L’abbaye est délaissée et les terres sont en jachère. Seules les parties forestières serviraient encore pour la chasse à un des propriétaires.

Oubliée dans l’indifférence et non entretenue pour des raisons d’entente et non financière, l’Etanche se dégrade inexorablement d’année en année.
Ses ferronneries ont été en partie pillées, les toitures se vident pour laisser les eaux s’infiltrer et c’est maintenant les bâtiments du 19ème siècle qui commencent à s’effondrer alors que ceux du 18ème siècle résistent encore pour ce qui est des murs mais pour combien de temps ?

Aucune négociation n’a pu aboutir avec les propriétaires qui seraient aujourd’hui vendeurs mais ne donnent signe de vie faute d’une entente commune. Du coup, de nombreux projets ont été avortés et la situation désespère les élus locaux comme tous les amoureux du patrimoine.

Pourtant un projet est possible. L’ensemble architectural est superbe mais de taille raisonnable. Les intérieurs aillant disparut, une adaptation plutôt libre est alors envisageable de manière contemporaine si un projet le nécessite. Les contraintes sont donc limitées, il s’agit de conserver les murs et de respecter l’esprit du site. De même, les terres attenantes laissent imaginer diverses exploitations ou alors une séparation foncière entre l’abbaye et une grande partie des terres.
Hôtel relais et châteaux, centre d’arts, école spécialisée (jardins, horticulture…), résidence d’artistes ou autres… les projets possibles sont nombreux.
Certains investisseurs se sont intéressés à l’abbaye de l’Etanche mais la situation juridique complexe et bloquée a stoppé tout projet.

Que faire alors ? L’abbaye est inscrite (et non classée) au titre des Monuments Historiques. La marge de manœuvre est donc plus limitée en théorie. Du côté des arrêtés de péril l’action est également complexe puisqu’elle ne menace pas d’autres édifices ou la voie publique.
Cependant un classement d’office au titre des Monuments Historiques est toujours possible. Cela permettrait (si la loi est appliquée) d’obliger les propriétaires à réaliser des travaux faute de quoi l’Etat les réaliserait lui-même en les facturant aux propriétaires.
Cette démarche aurait pour but soit de préserver les bâtiments via l’action de l’Etat, soit de précipiter le déblocage de la situation sous la pression de la puissance publique.

Le site est d’un intérêt majeur. La Lorraine ne joue pas là que son histoire et son patrimoine mais également son image en renouant avec ses qualités de région d’art et d’histoire où chaque territoire cache ses trésors, loin de paysages standardisés. La sauvegarde du patrimoine soulève tous ces enjeux et l’abbaye de l’Etanche est un des sites lorrains où l’action est urgente.
Les politiques doivent pouvoir se saisir de cette situation afin d’accompagner l’épanouissement culturel de la Lorraine à l’heure où le Centre Pompidou aujourd’hui et le château de Lunéville demain permettent cette mutation. C’est l’addition des projets et leurs liens qui assiéront cette image reconquise. La proximité du lac de Madine, d’Hattonchâtel ou de Saint-Mihiel va également dans ce sens.
L’abbaye de l’Etanche est donc un enjeu partagé et sa sauvegarde est inéluctable, le plus tôt sera le mieux.

Après le renaissance du château d'Hombourg-Budange (Moselle), voilà un défi de plus pour notre Lorraine et son patrimoine...

Plus de renseignements :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_de_l%27%C3%89tanche
http://verdun.over-blog.net/article-16156313.html
http://aceras-photos.over-blog.com/article-2249982-6.html

dimanche 2 janvier 2011

Un vitrail exceptionnel originaire de Flavigny-sur-Moselle (Meurthe-et-Moselle) est à vendre à Londres



Il est des trésors que la Lorraine a perdu. Certains n'existent plus, mais d'autres ont été dispersés et parfois il est possible de les retrouver.

C'est précisément le cas de ce fabuleux vitrail.

A l'origine il ornait l'église Saint-Firmin du prieuré bénédiction de Flavigny-sur-Moselle, entre Nancy, Charmes et Bayon.
Ce vitrail a été transféré à un collectionneur américain au début des années 1920 (à priori en échange d'un don pour la création d'un préventorium de 400 lits pour enfants primo-infectés dans les bâtiments du prieuré). Aujourd'hui il est à vendre chez un antiquaire de Londres pour la somme de quatre millions d'euros... Un classement en trésor national pourrait permettre une acquisition pour un retour en Lorraine plus aisé.

Car en effet ce vitrail (illustrant "La Création du Monde et l’Expulsion du Paradis") a un intérêt artistique, historique, patrimonial et culturel majeur pour la Lorraine. Réalisé au XVIème siècle, en pleine Renaissance lorraine, par le célèbre maître verrier Valentin Bousch (http://fr.wikipedia.org/wiki/Valentin_Bousch), sa qualité artistique et technique s'inscrit dans celle de ses réalisations pour la cathédrale de Metz ou pour la basilique de Saint-Nicolas-de-Port.

Il serait plaisant de réparer une erreur du passé qui se justifiait peut-être à l'époque mais qui sonnerait comme une retour supplémentaire vers l'enrichissement culturel que la Lorraine a produit et qui est indispensable dans la réaffirmation de sa splendeur et de son rayonnement.
Que ce soit un retour dans l'église de Flavigny-sur-Moselle, au Musée Lorrain ou d'une autre manière, il faut sérieusement réfléchir aux possibilités de récupérer ce magnifique vitrail lorrain à commencer par le classement en trésor national pour éviter qu'il ne soit à nouveau loin de ses terres.

Pour admirer le vitrail chez l'antiquaire londonien :
http://www.samfogg.com/exhibition_catalogue.php?id=129&p=1&cid=1

Pour connaître l'histoire du prieuré de Flavigny-sur-Moselle :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Prieur%C3%A9_de_Flavigny-sur-Moselle