vendredi 30 octobre 2009

Maison dite du Pape Jules II à Verdun (Meuse)






Sur les hauteurs de Verdun, place de la Libération et entre le monument de la victoire et le musée de la Princerie, la Maison dite du Pape Jules II arbore une façade très intéressante.
C'est en fait un véritable hôtel particulier qui s'offre à nous malgré son état de délabrement avancé...
Qu'on se le dise tout de suite, le pape Jules II est mort 20 ans avant l'édification de la demeure dans son aspect actuel. Le nom qui est resté serait du à l'éventualité d'un séjour du pape Jules II à l'emplacement de l'édifice actuel dans la bâtisse qui l'a précédé. Quoiqu'il en soit aujourd'hui s'élève une demeure Renaissance construite en 1533 et qui arbore notamment une belle porte flanquée de deux coquilles de Saint-Jacques. On notera que l'ensemble a subit quelques modifications (pertes des meneaux) mais conserve son aspect d'origine. On s'étonnera de voir sur les côtés des trilobés plutôt du XIVème ou du XVème siècle. Il s'agit probablement d'une réutilisation, d'une subsistance du bâtiment précédent ou encore de la subsistance de l'architecture dans la Renaissance lorraine comme on peut le voir sur le Palais Ducal de Nancy.
Aujourd'hui la maison fait peine à voir malgré la beauté et l'histoire qui s'en dégage. Epargnée par les guerres et même la terrible bataille de Verdun, cette demeure mériterait une restauration qui contribuerait à la mise en valeur, déjà bien avancée, du patrimoine de Verdun et ses multiples facettes insoupçonnées.

Halles de Mirecourt (Vosges)






Petite ville des Vosges, Mirecourt se situe entre Neufchâteau et Epinal, non loin de Charmes, Châtenois ou même Vézelise, la Meurthe-et-Moselle n'étant pas très loin.
Le patrimoine de la ville est fort intéressant même si le bâti privé nécessiterait davantage de mise en valeur.
Parmi les édifices les plus remarquables on notera les halles. Bâtiment public depuis toujours, ces dernières ont été bâti en 1617 et modifiées en 1663 suite aux dommages causés par les suédois. Depuis, les halles arborent leur allure actuelle à l'exception de très légères modifications (balustrades en pierre du XIXème siècle notamment). C'est donc des halles du XVIIème siècle mais d'un style Renaissance tardif qui seront le coeur économique de Mirecourt. La volonté du Duc Henry de Lorraine de bâtir ces halles fut stratégique étant donné le positionnement de porte sud du Duché que tient la ville.
Si les fonctions des halles changèrent à travers ses trois siècles d'existence jusqu'à devenir lieu de justice et d'exécution des peines, aujourd'hui ce sont les manifestations culturelles et expositions qui y tiennent place.
Les halles de Mirecourt, avec celles de Vézelise, sont probablement parmi les plus anciennes et les plus remarquables de Lorraine qui s'offrent encore à nos yeux aujourd'hui.
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Maison dite des Goncourt à Neufchâteau (Vosges)





Ville de patrimoine, Neufchâteau est particulièrement remarquée pour son bâti du XVIIIème siècle d'une grande qualité (impostes, menuiseries intérieures, travail de pierre de taille...). Parmi ces immeubles remarquables on notera la maison dite des Goncourt.
Finalement cette demeure porte le nom de la célèbres famille d'écrivains mais il n'y passèrent que des vacances chez leur oncle, n'y habitaient pas et l'avaient encore moins construite et pour cause. L'immeuble a été bâti à la jonction des XVIIème et XVIIIème siècles par Jean Huguet, riche marchand de l'époque. L'immeuble qui remplace alors une bâtisse plus ancienne s'inscrit dans l'esprit qui va ensuite envahir tout Neufchâteau et notamment la place Jeanne d'Arc dont il occupe le n°2 : l'architecture classique du siècle des Lumières. L'oncle des frères Goncourt ne sera qu'un des propriétaires qui se succèderont.
La dimension remarquable de l'édifice tient bien sûr dans sa façades mais aussi dans ses éléments intérieurs dont les volets, par exemple, sont très bien conservés. Mais une autre surpise de taille attend le visiteur (la demeure se visite sur demande à l'office de tourisme) : le pavillon en arrière cour qui a été bâti en 1787 par le propriétaire d'alors Monsieur Mouzon.
L'ensemble d'une grande qualité a été peu à peu restauré depuis une quinzaine d'année sous l'impulsion de propriétaires volontaires. On espère qu'un jour toutes les demeures de Neufchâteau retrouveront ce lustre car l'ensemble urbain est digne de toutes les visites!

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http://www.freres-goncourt.fr/Neufchateau/maisonadet.htm

mardi 27 octobre 2009

Collège Gilles de Trèves à Bar-le-Duc (Meuse)






Inclassable cet édifice bien connu de Bar-le-Duc. Prouesse de l'architecture d'une Renaissance qui a enflammé la capitale du Barrois, le Collège Gilles de Trèves est avant tout assimilé à une école. Comme celle-ci était à l'origine, et durant longtemps, tenue par des religieux, son classement ici s'est fait en assimilation à un lieu monacal. Mais c'est avant tout un lieu atypique qui s'offre à nous.

Si une personne de passage à Bar-le-Duc se promène entre ville haute et ville basse pour la première fois et n'a pas pris soin de se renseigner à l'Office de Tourisme auparavant, elle aura de fortes chances de ne pas apercevoir ce trésor de pierres.

Si Bar-le-Duc et ses immeubles peuvent être assimilés à un coffre à bijoux, le Collège Gilles de Trèves en est un énorme rubis! Mais en remontant la rue Gilles de Trèves il faut observer une attention particulière à cette façade un peu austère datant du XIXème siècle mais dont le porche est ouvert au public. Là déjà le plafond surprend mais c'est surtout la vue sur une incroyable cour flanquée de deux galeries maniquement portées par des rangées de colonnes qui intrigue. La Renaissance lorraine a donné là ce qu'elle pouvait de meilleur pour le plaisir des yeux. La façade XIXème cache en réalité un superbe ouvrage du XVIème siècle.

On rappellera brièvement l'histoire de cet édifice voulu par le doyen de la collégiale Saint-Maxe alors en ville haute. Gilles de Trèves voulait en effet construire une école religieuse comme rempart aux réformes protestantes qui montaient en Europe au XVIème siècle. Achevé en 1574, Gilles de Trèves verra son bâtiment achevé mais pas les écoliers qui y feront leur entrée en 1582. Les Jésuites seront maîtres des lieux de 1617 à 1762 avant que le ce dernier ne devienne lycée puis école et ceci jusqu'en 2002!
Montaigne de passage en 1580 qualifiait alors l'édifice de "la plus belle maison de ville qui soit en France". Il faut ajouter qu'à l'époque les balcons faisaient le tour complet de la cour mais les modifications des siècles suivants n'en conserveront que deux côtés.
En rénovation depuis quelques années, le Collèges Gilles de Trèves a achevé sa première tranche (et le résultat est appréciable!) et poursuit sa rénovation. Certains parlent de son rôle futur dans la politique culturelle de Bar-le-Duc et on entend parler d'une Ecole Nationale des Arts de la rue... Un beau projet car, quoiqu'il advienne, le cadre se prêtera à une activité de prestige.

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lundi 26 octobre 2009

Immeuble Charles Margo à Nancy (Meurthe-et-Moselle)





Pour un grand centre mondial de l'Art Nouveau il n'est pas étonnant que Nancy arbore nombre d'édifices de ce style dont elle a fait émerger une grande Ecole. Cependant chacun d'entre eux est particulier parce que c'est la rencontre d'un architecte, d'un commanditaire et d'artisans.
C'est le cas de cet immeuble au 86 rue Stanislas à Nancy qui fut commandé par Charles Margo (rentier) et réalisé par le célèbre ébéniste et constructeur Eugène Vallin. Des formes rondes mais élégantes et un travail de dentelles pour chaque pierre mais aussi pour les ferronneries ou les menuiseries. La porte d'entrée attend sa restauration mais la beauté de l'immeuble reste intacte.

dimanche 25 octobre 2009

Abbaye prémontrée Saint-Paul de Verdun (Meuse)






Ville au patrimoine deux fois millénaire, Verdun possède une abbaye prémontrée moins célèbre que celle de Pont-à-Mousson mais tout aussi intéressante : l'abbaye Saint-Paul.
Cette abbaye millénaire n'existe en ce lieu et place que depuis le XVIIème siècle. Autrefois elle existait en dehors de l'enceinte de Verdun et était bénédictine avant de devenir prémontrée puis de déménager au coeur de la ville. C'est pour cette raison qu'elle arbore un style classique Louis XIII en briques plutôt rare dans une Lorraine où le XVIIème siècle fut moins glorieux que la Renaissance ou le siècle des Lumières (guerre de 30 ans oblige...).
Aujourd'hui cette abbaye abrite la Sous-Préfecture et la Palais de Justice et s'offre en partie aux yeux des passants curieux.

samedi 24 octobre 2009

Immeuble Art Nouveau à Bar-le-Duc (Meuse)






La capitale des Ducs de Bar est connue pour ses innombrables édifices Renaissance et à juste titre. Pourtant ce riche patrimoine peut en cacher un autre car d'autres siècles ont marqué Bar-le-Duc où l'architecture est presque toujours l'expression poussée d'un certain raffinement.
La Lorraine devenant un grand berceau de l'Art Nouveau au tournant de la Belle Epoque avec l'Ecole de Nancy, la préfecture de la Meuse a bénéficié de cette influence même si elle y est restée mineure, la bourgeoisie barisienne préférant alors un style plus éclectique qui connaîtra son apogée au château de Marbeaumont.
A proximité de la gare, à l'intersection de la rue du Général De Gaulle et de la rue André Theuriet, une demeure Art Nouveau ne laisse pas indifférent par ses volumes comme par ses formes.
Belle demeure bourgeoise, elle arbore ce style en l'adaptant localement comme en témoigne l'utilisation de la pierre de Savonnières qui va si bien à Bar-le-Duc. Surpris, le passant ne passe plus mais s'arrête et observe chaque détail qui donne sa cohérence à l'édifice. Un bâtiment de plus dans un quartier de la fin du XIXème siècle qui cache d'autres surprises.

dimanche 18 octobre 2009

Château renaissance de Burey-la-Côte (Meuse)






Petit village du sud meusien, non loin de Vaucouleurs, Burey-la-Côte arbore une maison forte qu'on appelle un peu pompeusement un château. Quoiqu'il en soit la demeure étonne mais se fait discrête au coeur du village.
Arborant quelques beaux éléments Renaissance comme sa porte, elle a été restaurée entièrement il y a quelques années.
Construit au 16ème siècle ce château est une propriété privée qui ne se visite pas mais qui s'admire largement depuis la voie publique lors d'une promenade dans un secteur riche en patrimoine.
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samedi 17 octobre 2009

Neuchâteau, Porte de Lorraine où chaque façade révèle ses trésors (Vosges)






Quelle est belle cette ville de Neufchâteau. Bâtie au coeur de la plaine des Vosges, elle constitue aussi une porte au Duché de Lorraine depuis la Bourgogne, aujourd'hui la Haute-Marne.
Riche d'une histoire remarquable, de la création du château médiéval (Xème/XIème siècles) au développement de ville jusqu'au XVIIIème siècle, Neuchâteau a su préserver un patrimoine que l'on peut qualifier d'exceptionnel. Mais attention, la ville ne se laisse pas apprivoiser au premier coup d'oeil. Il faut pénétrer la vieille ville et arpenter les rues. En guise de grand monument ce sont essentiellement les églises Saint-Nicolas et Saint-Christophe qui animent le paysage. Pour le reste, tout l'exceptionnel tient justement de l'accumulation d'hôtels particuliers et de maisons de taille classique mais aux façades finement travaillées et aux trésors intérieurs (escaliers, volets intérieurs, boiseries...) cachés. Vous l'aurez compris, à Neufchâteau tout tient du détails comme ces dizaines de portes du XVIIIème siècle aux impostes si caractéristiques de la ville ou encore à ces façades en pierre de taille parfois très élaborées. Si toutes les époques ont marqué la ville, la Renaissance a semé quelques trésors et le XVIIIème siècle lui a donné la plupart de ses bâtiments et sa physionomie actuels. L'architecture classique civile y est riche et variée.
De la fabuleuse place Jeanne d'Arc aux rues Neuve ou Raymond Poincaré, les surpises ne manquent pas. Le tout dans un espace classé en secteur sauvegardé et on comprendra l'intérêt que pourrait avoir Neufchâteau pour le patrimoine à l'échelle de la Lorraine voire de tout l'Est français. La mise en valeur des espaces publics et la rénovation du patrimoine privé nécessitent encore des améliorations pour rivaliser avec les sites plus connus mais Neufchâteau est vraiment une ville d'exception pour l'amateur d'architecture.
Une ville à découvrir et qui a un potentiel patrimonial qui ne demande qu'à être révélé. Une cité lorraine de caractère par excellence...
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Place d'Armes à Metz (Moselle)






Metz est une ville d'histoire où les architectures témoignent d'influences diverses formant un tout dont on ne se lasse pas. Entre influences italiennes et marques de l'Allemagne, entre une France bien affirmée et une Lorraine pas si évidente dans un puissant évêché, Metz cultive les contradictions en les mariant tour à tour, défiant chaque page de son histoire.
C'est encore ces contradictions qu'illustre la place d'Armes. Au coeur d'une ville aux rues souvent tortueuses, une place rectiligne s'affiche avec une symétrie presque parfaite.
La place elle-même est un choc d'architectures entre une cathédrale tout en hauteur et de style gothique face aux trois côtés d'une place bordée de bâtiments de style classique tout en longueur à la hauteur maîtrisée. Seule la pierre de Jaumont, jaune et flamboyante, permet l'union des édifices autour de la place.
Paradoxe permanent, cette place a été construite au XVIIIème siècle à l'emplacement de 5 églises et du cloître de la cathédrale. Destinée à donner prestance et organisation à une ville devenue française depuis 1552 (la Lorraine est alors toujours indépendante jusqu'en 1766), la place d'Armes, avec la place de la Comédie, fait entrer Metz dans le siècle des Lumières.
Une place d'Armes doit permettre bien sûr des défilés militaires sur une surface convenable mais c'est aussi, à Metz, le lieu des pouvoirs. Le pouvoir religieux avec la cathédrale qui est là depuis plusieurs siècles. Face à elle le pouvoir municipal avec l'Hôtel de Ville conçu par l'architecte Blondel qui réalise dans la continuité la fermeture de la place en largeur avec, d'un côté le Parlement pour le pouvoir judiciaire du roi (jamais achevé et transformé en habitations) et de l'autre le pavillon des gardes devenu l'Office de Tourisme.
A l'origine il y a avait une galerie de commerces au pied de la cathédrale qui assurait la symètrie totale de la place mais elle a disparu sous l'annexion de 1871-1918.
Place remarquablement restaurée et éclairée depuis 2007, la place d'Armes de Metz est un concentré d'architecture sobre et classique offrant une belle place au centre de la ville, presque un autre parvis à la cathédrale tout en étant un très beau témoignage de l'urbanisme du siècle des Lumières.

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